Google Chromium, Google Android (basé sur Linux) etc... sont des logiciels emmenés par le géant Google, mais sont aussi des logiciels libres, dont le code source est librement consultable et modifiable. Le géant américain a compris, à l'inverse de beaucoup d'autres entreprises, les bénéfices du modèle du logiciel libre, et compte visiblement en tirer avantage. Toutefois, certains libristes ne voient pas arriver d'un bon oeil tous ces logiciels et commencent à voir en Google un nouveau Microsoft ! Pourquoi ? Probablement car le logiciel libre n'avait, jusque récemment (avec notamment l'arrivée d'Ubuntu Linux), jamais vraiment été lié à une multi-nationale, mais à des associations ou à des communautés de développeurs et d'utilisateurs.
L'arrivée de bulldozers (tels que Google ou (à moindre mesure), Canonical (l'éditeur d'Ubuntu)), ayant de gros moyens financiers est-elle bénéfique pour le logiciel libre ou faut-il la craindre ?
La définition du logiciel libreSelon la
Free Software Foundation, voici la définition d'un logiciel libre:
Free software is a matter of the users' freedom to run, copy, distribute, study, change and improve the software. More precisely, it refers to four kinds of freedom, for the users of the software:
- The freedom to run the program, for any purpose (freedom 0).
- The freedom to study how the program works, and adapt it to your needs (freedom 1). Access to the source code is a precondition for this.
- The freedom to redistribute copies so you can help your neighbor (freedom 2).
- The freedom to improve the program, and release your improvements to the public, so that the whole community benefits (freedom 3). Access to the source code is a precondition for this.
A program is free software if users have all of these freedoms.
En conséquence, selon la définition de la Free Software Foundation, Google Chrome et Google Android sont des logiciels libres, un premier point que, je pense, personne ne contestera.
Les licences de distribution. Google distribue la majorité du code de Android sous la licence Apache 2, tandis que la majorité du code de Chromium est sous la licence BSD. Le point commun de ces deux licences est qu'elles permettent d'inclure le code source distribué sous ces deux licences dans un produit propriétaire, contrairement à la licence GPL qui impose que toutes les modifications et dérivés d'un code source placé sous licence GPL soient conservés open-source. Un
excellent article résume la stratégie de Google concernant l'adoption de ces licences.
Quelles seront les conséquences de l'arrivée de Google dans le monde du libre ?- Pour les utilisateurs: de nouvelles applications, toujours plus nombreuses et innovantes
- Pour les développeurs: de nouvelles possibilités de développer des applications, et faire progresser plus rapidement le monde de l'informatique
- Pour Google: certes, des gros sous à la clé ! Mais aussi la possibilité de lancer des projets intéressants tels que le projet 10 to the 100.
Un monde qui tourne autour de Google ?Le principal risque, toutefois, est de devenir Google-dépendant. En ce qui me concerne, j'utilise déjà beaucoup Gmail, Google Docs, Google Agenda, Picasa et bien sûr, Blogger. Il ne manque plus que Google Chrome, un téléphone sous Android et pourquoi pas un jour, un système d'exploitation Google, pour devenir totalement Google-dépendant.
En résumé ?En résumé, selon moi, l'arrivée de Google dans le monde du libre est plutôt bénéfique. Toutefois, il faut rester vigilant et essayer (ce que, j'avoue, j'ai du mal à faire) de ne pas devenir Google-dépendant.